Gambia: Is the Swearing in of the President-Elect Legal?

See the French version here: https://assodesire.com/2017/01/19/gambie-la-prestation-de-serment-du-president-elu-est-elle-legale/

The new Gambian President Adama Barrow has just been sworn-in in an extraordinary circumstances. The ceremony took place at the Embassy of the Gambia in Senegal because of the refusal of the outgoing President Yahya Jammeh to leave power. Is it a legal act? I am sharing  my personal opinions on the issue:

The legitimacy of the President comes essentially from his election by the people of Gambia who hold the national sovereignty exercised through elections. The majority of the Gambians have thus entrusted this sovereignty to the President by the elections that took place in December 2016.

The swearing in (or the taking of oath) is a statutory declaration of the President-Elect made before a judge or an oath officer during a public ceremony to formalize the President’s installation. What is important in the swearing in is the formula, provided for by law and read by the President. The oath is a promise announced in a ceremonious and public manner, insisting on the sacred and unswerving character of the words spoken with the affirmation of a divine bearing. It has to be done in front of a judge, a lawyer or a commissioner of oath. The place of the oath therefore has no bearing on its legal value. In fact, the constitution of the Gambia remains silent on the place where the taking of the oath should happen. It only referred to a “prescribed oath”.

Why was it important that President-elect Adama Barrow takes an oath on the 19th January?

If President-elect Barrow has not taken the oath on this date there would be a power vacuum in the Gambia and anything could happen…including the army re-taking power. In addition, now that he has taken the oath, he becomes the legitimate president of Gambia and can now request a military intervention of ECOWAS to re-establish order in the Gambia including kicking the outgoing president out by all means without having the approval of the UN Security Council.

Is an embassy part of the national territory?

Contrary to popular belief, the embassy is not part of the national territory of the sending state. The Vienna Convention of 1961 on Diplomatic Relations does not provide for the extraterritoriality of embassies. However the mission is normally considered as a property and symbol of the state and the authorities of the sending state have absolute control over what is happening inside the embassy. Its inviolability is thus guaranteed by the Convention. For example, agents of the host country are prohibited from entering in, except with the consent of the head of the mission, and must “take all appropriate measures to prevent invasion of the premises of the mission”. Some countries even consider that their own national law and regulations apply inside their embassies.

In conclusion, the swearing in of President elect Adama Barrow took place on Senegal’s  territory but it retains all its legal value.

Read my anticipated scenarios for Gambia’s next? here: https://assodesire.com/2017/01/17/political-crisis-in-the-gambia-scenarios-of-the-next-days/

Perspectives pour l’Afrique en 2017:

English version here : https://assodesire.com/2016/12/27/africa-in-2017-opportunities-and-challenges/

Nous venons d’entrer dans l’Année 2017. Elle se présente à l’Afrique  avec un cortège d’incertitudes mais elle porte aussi en elle des semences d’espoir…

Comme je le fais au début de chaque année  j’aimerais partager ici avec vous des réflexions personnelles sur les défis et opportunités majeurs auxquels notre continent, ses institutions, ses filles et fils pourront faire face en 2017 et bien sûr au-delà.

En 2017 et au cours des années à suivre l’inégalité, les conflits et l’insécurité, la jeunesse et l’emploi, la migration, la démocratie électorale, l’espace civique, la libre circulation des personnes,  la chine, la nouvelle politique américaine etc. seront des sujets qui occuperont le débat politique et la vie quotidienne des Africains. L’Afrique attendra beaucoup des promesses faites par l’Union Africaine avec son nouveau leadership et une structure améliorée mais les communautés économiques régionales auront de plus en plus de responsabilités dans la gestion des crises liées à la gouvernance démocratique et aux conflits. La Banque Africaine de Développent avec sa nouvelle équipe dirigeante pleine de dynamisme a un rôle de taille à jouer   dans  notre espace économique et principalement en ce qui concerne la jeunesse et l’emploi. Dans les lignes qui suivent je toucherai quelques-uns de ses sujets.

Croissance Economique,  Inégalité et Pauvreté

Le taux de croissance moyen du continent continuera de dégringoler jusqu’en dessous de 2%, son niveau le plus bas depuis 20 ans  principalement à cause de la chute du prix du pétrole des matières premières et des difficultés des principales économies du continent (Nigeria, Afrique du Sud) mais certain pays maintiendront un bon record, un taux toujours élevé  pour diverses raisons (Rwanda, Ethiopie, Tanzanie, Cote d’Ivoire, Sénégal) selon de récentes estimations. La croissance économique n’ayant pas d’impact automatique et immédiat sur la réduction de la pauvreté, le problème le plus important pour nous est d’assurer que les produits de la croissance sont repartis de façon juste et qu’ils ne servent surtout plus à creuser davantage  l’écart entre riches et pauvres, sachant que ceci est une  source importante de conflits.

L’Afrique a maintenant de bonnes raisons pour investir dans l’agriculture, encourager et soutenir la productivité, introduire la modernisation dans le secteur et bien sûr, augmenter l’espace cultivable. Ceci aura le triple avantage de subvenir aux besoins alimentaires de nos populations, de créer de l’emploi et de diversifier notre économie pour ainsi réduire la pauvreté. Ceci aura aussi l’avantage de  promouvoir les échanges entre pays Africains.

L’Année Africaine de la Jeunesse

L’Union Africaine a décrété l’année 2017 comme celle de la jeunesse. Les deux Sommets des Chefs d’état en Janvier et en Juillet ainsi que d’autres grand rendez-vous continentaux y seront donc consacrés. Il est évident que les préoccupations majeures seront l’emploi, la migration et la formation. Il importe que les différents acteurs du continent et leurs partenaires d’ailleurs s’accordent à donner  à la jeunesse le coup de pouce dont elle a besoin ici et maintenant pour son insertion et son émancipation.  Le Forum Africain pour le Développement qu’organisera cette année la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique  se penchera essentiellement sur la question de migration avec une perspective Africaine. La Chancelière Allemande Angela Merkel  a aussi promis d’en faire une priorité au cours du prochain sommet du G20. Elle évoque même un « Plan Marshal » pour l’Afrique en vue de booster l’investissement et créer de l’emploi. Je n’aime pas personnellement l’idée d’un «plan Marshal» pour l’Afrique. Si nos partenaires occidentaux peuvent nous aider à mettre un terme aux 60 milliards  de dollars de flux financiers illicites qui sortent de l’Afrique chaque année – un montant systématiquement volé par des multinationales en complicité avec nos propres dirigeants – cela nous suffirait.  A Addis Abéba fin Janvier, l’Union Africaine se penchera certainement sur un plan d’action à court et moyen termes pour mieux « exploiter le dividende démographique de l’Afrique en investissant dans la jeunesse ».

Reste à savoir si la volonté politique et les moyens financiers seront au rendez-vous pour mettre en œuvre un éventuel plan. En tout cas, il faut vite faire pour éviter que cette tranche importante de nos populations, vulnérable, ne tombent d’avantage dans la tentation de la radicalisation et de l’extrémisme comme c’est déjà le cas à  certains endroits du continent.

Notre jeunesse est l’espoir du continent. Elle doit être entretenue avec minutie pour contribuer à relever le défi du développement  durable.

La Libre Circulation des Personnes en Afrique : Un Préalable  Incontournable

Tout plan en faveur de la jeunesse Africaine doit inclure la libre circulation des personnes sur le continent comme un préalable. Le processus en cours à l’Union Africaine doit être accéléré au maximum afin de permettre l’échange d’expérience entre les jeunes du continent.  En attendant l’élaboration et l’adoption du traité de libre circulation pourquoi ne pas  prendre une décision panafricaine et immédiate d’annulation de visas pour court séjour, ou du moins d’obtention de visas à l’arrivée? Quelques pays Africains l’on fait récemment.

Droits de l’Homme, Gouvernance et  Démocratie Electorale : Chantier Inachevé

Décrétée comme Année des droits de l’homme par l’Union Africaine, 2016  a plutôt été l’année ou les droits et libertés publiques, l’espace civique et démocratique, la justice, la protection des civiles etc. ont malheureusement et systématiquement reculé sur notre continent sous le silence presque total des institutions régionales et continentales. En Gambie par exemple un jeune activiste a été torturé à mort par la police en 2016 et de nombreux opposant politiques arrêtés et incarcérés sans procès…

L’Afrique doit trouver un moyen pour sortir du cercle vicieux des conflits liés à la crédibilité des consultations électorales et  à l’alternance politique au pouvoir. Sans cela, notre continent continuera sa décente progressive aux enfers sapant ainsi toute perspective de développement économique.  Les pays à observer en 2017 sont entre autres la Gambie, la RDC, le Cameroun, le Liberia, le Kenya, le Rwanda, l’Angola, la Libye,  la Sierra Leone, le Zimbabwe… Les pays ou le hold-up électoral a été déjà consommé ne sont pas à l’abri de soucis (Gabon, Congo, Uganda, Guinée Equatoriale etc).  L’alternance au pouvoir fait partie du jeu démocratique surtout quand les institutions sont encore faibles et que le système électoral est  vulnérable.  Nous devons avoir le courage de parler de la limitation des mandats tôt ou tard. C’est le seul moyen de se débarrasser des assoiffés de pouvoir qui s’accrochent. Pour l’instant les bons élèves sont encore peu dans ce domaine : Ghana, Sénégal, Botswana, Burkina Faso, Afrique du Sud…

Par ailleurs, l’année 2016 nous a montré en Ethiopie que l’idéologie de l’Etat développementaliste ne suffit pas   à elle seule pour garantir la paix et la stabilité, gages du développent durable. Il faut une  dose plus importante de démocratie multipartiste et plus de libertés publiques.

L’espace citoyen en danger: L’Union Africaine place les citoyens du continent au centre de son programme de développement : l’Agenda 2063. Un catalyseur essentiel de ce programme est le droit des citoyens de s’organiser, et leur capacité à agir contre la pauvreté, les inégalités et l’injustice. En fait, l’UA a proclamé 2016 comme « Année des droits de l’homme ». Pourtant, à travers le continent, il se dégage une tendance alarmante et croissante de restriction des droits fondamentaux de réunion, d’association et de liberté d’expression des citoyens. L’UA elle-même met en cause son engagement à la contribution des citoyens en limitant formellement la participation des organisations de la société civile à un de ses deux sommets biannuelles. En plus un certain nombre de gouvernements sont en train de (mal) utiliser les lois pour limiter la création d’organisations légitimes, restreindre leurs activités et contrôler leurs sources de financement. Depuis 2012, au moins 29 lois restrictives ont été adoptées en Afrique. Ce qui est sûr est que dans les années à venir le mouvement citoyen va plutôt se consolider et se renforcer  en Afrique peu importe les restrictions, ce qui comporte et sérieux risque de bras de fer et de conflit entre pouvoir et citoyens. Nos institutions régionales et l’Union Africaines doivent tabler ce problème pour discussion le plus tôt possible. Elles doivent par exemple envisager une étude sur les lois restrictives en Afrique et un moratoire  pour les arrêter.  (Voir le blog que j’ai récemment publié conjointement avec un collègue sur la question ici : http://oxfamblogs.org/fp2p/why-is-africas-civil-society-under-siege/#.WFJTocPTjhI.twitter).

L’Union Africaine un Nouveau Départ ?

Si tout va bien comme prévu, le leadership actuel de la Commission de l’Union Africaine sera renouvelé. La Présidente, la Sud-Africaine Dlami-Zuma, le Vice-président le Kényan Erastus Mwencha  et la plus part des commissaires devraient  remettre leur tablier à de nouveaux élus fin Janvier pour 4 ou 8 ans. Des 5 candidats en lis, le poste de Président de la Commission se jouera essentiellement entre le Sénégalais Abdoulaye Bathily, ancien Représentant des Nations Unies en Afrique centrale, le Tchadien Moussa Faki Mahamat, ancien Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères et la Kenyane Amina Mohamed, Ministre des Affaires Étrangères.

En plus Le Président Guinéen Alpha Condé  est en passe d’être désigné  Président en exercice de l’UA pour 2017 en remplacement du Tchadien Idriss Deby.

Le projet le plus important et le plus attendu est la réforme en profondeur de l’Union Africaine  confiée au Président Rwandais Paul Kagame par ses pairs. Il devra présenter les grandes lignes de cette réforme lors du Sommet de Janvier à Addis Abéba.  La réforme devra tenir compte de la question épineuse de la dépendance financière de l’Union déjà amorcée par son compatriote, l’ancien patron de la BAD Donald Kaberuka.

Valeurs Partagées : S’il est clair   que l’Union Africaine dans sa structure actuelle n’est pas adaptée pour mettre en œuvre l’ambitieux Agenda 2063, il nous est aussi certain que le changement structurel de l’Union et de ses organes ne suffira pas à lui seul pour  faire avancer les choses. L’Union Africaine a besoin d’un changement profond et courageux dans sa façon de fonctionner en termes de respect de ses propres principes fondamentaux et de ses « valeurs partagées ». Il faut à l’Union  un mécanisme sérieux de « redevabilité » par rapport à ses principes et valeurs.  Il lui faut une Commission forte et dotée de pouvoirs réels pour « contraindre » les états membres à respecter et mettre en œuvre leurs propres décisions.

En matière d’élections par exemple, l’Union Africaine doit avoir la prérogative et la capacité  de relever, dénoncer et faire cesser les manquements graves aux standards et  fraudes électoraux.  Si non,  ce n’est pas la peine que l’Union continue d’observer les élections. Ce ne sera rien que du gaspillage. C’est un peu gênant de voir que les élections en Ouganda, au Congo, au Gabon en Guinée équatoriale etc. aient été qualifiées de justes, équitables, transparent et démocratiques sans autres formes de procès…

Paix et Sécurité :

La Paix et la Sécurité demeurent les conditions sine qua non pour le développement et le progrès de notre continent et le bien-être de nos populations. L’Afrique n’a pas progressé assez dans ce domaine au cours des dernières années. Dans beaucoup de cas comme au Burundi et au Soudan du Sud nos institutions n’ont  pas tenus comptes des signes avant-coureurs et  alertes précoces qui  pourtant étaient assez visibles. En réalité ce dont nos institutions régionales ont besoin est le courage et la volonté politique de couper avec les anciennes méthodes. Par exemple la Commission de l’Union Africaine et plus précisément son leadership doit devoir et pouvoir crier haut et fort toutes les fois que nos valeurs partagées sont en train d’être violées  par les leaders nationaux. C’est pourquoi nous avons besoin d’un leader fort et audible à la tête de la Commission.  En 2017  l’Union Africaine  doit encore gérer le chaos au Burundi et au Soudan du Sud. Le risque de nettoyage ethnique dans ces deux pays doit être absolument pris au sérieux.  L’UA doit consolider le progrès en Somalie et en République Centrafricaine, et accompagner le processus politique et sécuritaire, redoubler de vigilance au Mali (même si l’ONU est techniquement en charge),  soutenir le dialogue politique amorcé par l’Eglise Catholique en RDC et ses avancées encourageantes mais demeurer ferme sur le respect des principes démocratiques les droits de l’homme, l’Etat de droit et la justice.  Le chantier inachevé du Darfour  ne doit pas être négligé et le Soudan entier doit être sous sérieuse observation.

Faire Taire les Armes à l’horizon 2020 : Au-delà du Slogan: L’objectif demeure malheureusement un slogan sans action sérieuse pour le réaliser.  Soyons clair : on ne peut pas taire les armes si on laisse les dictateurs terroriser et martyriser leurs populations à gré et en toute impunité  en violation flagrante des principes démocratiques des droits de l’homme et des valeurs partagées adoptées par l’Union, et de plus, s’accrocher au pouvoir à vie ! On ne peut pas taire les armes si on ferme les yeux sur les massacres des populations civiles pour des raisons politiques. On ne peut pas taire les armes si on promeut l’impunité des chefs d’Etat sans considération de la gravité des crimes dans lesquels ils sont  impliqués contre leurs populations.  On ne peut pas taire les armes si les votes des citoyens sont systématiquement volés, les leaders de l’opposition politique harcelés et mis en prison. Par-dessus tout, les ambitieux  projets de développement du continent ne peuvent se concrétiser que si  la paix et la sécurité sont au rendez-vous.

L’Union doit mettre une plus grande pression sur les acteurs Sud Soudanais, Burundais, Congolais etc et s’assurer que les autres pays fragiles et à  risque rentrent dans le jeu démocratique.

Avec ou sans le Maroc ?

Fin Janvier, nous saurons si le Maroc fera sa rentrée historique dans l’Union Africaine et dans quelles conditions ? Toutes les formalités procédurales ont été déjà accomplies. Le Sommet des Chefs d’Etat pourra donc prendre une décision là-dessus. Le Maroc devra donc souscrire à tous les principes fondamentaux de l’Union y compris le droit des peuples à l’auto-détermination et accepter de cohabiter avec la République Sahraoui Démocratique en tant qu’Etat membre de l’Union. Logiquement le retour du Maroc dans l’organisation continental est une reconnaissance tacite du Sahara Occidental par celui-ci. C’est juste une simple logique si on se souvient de la raison pour laquelle le Maroc a claqué la porte en 1984.  J’espère que l’adhésion du Maroc à l’Union  Afrique créera une opportunité de régler l’épineuse question du Sahara Occidental, considéré comme la dernière colonie en Afrique à libérer. Les Etats membres de l’Union, surtout les « amis » du Maroc (au moins 28 sont connus) doivent veiller à ce que le retour du Maroc contribue à consolider l’Union plutôt qu’à la diviser ou à  la faire voler en éclat. (Voir mon blog sur cette question ici : https://assodesire.com/2016/10/02/le-retour-du-maroc-a-lunion-africaine-une-opportunite-ou-un-challenge/ )

La Chine, L’Amérique et les Autres

L’Afrique a tout à gagner en continuant la diversification de ses partenaires économiques. L’entrée en jeux spectaculaire de la Chine et des autres nouveaux partenaires a ouvertement changé les rapports de force avec les partenaires traditionnels et réorienté l’économie africaine.  Mais nous devons garder les yeux grandement ouverts…  Nos partenariats (anciens comme nouveaux) doivent contribuer à la realisation de nos agendas 2030 et 2063 et nous devons veiller à ce que les standards sociaux, des droits de l’homme et d’équité soient absolument respectés dans la poursuite de ces partenariats. Les acteurs non-étatiques ont un rôle majeur de veilleur à jouer ici.

Avec Donald Trump au pouvoir aux Etats-Unis, il est peu probable que l’Afrique figure au rang des priorités de « l’Oncle Sam », ce qui donnera libre cours à la Chine et aux autres de mieux se positionner en Afrique : avantage ou challenge ? Seul l’avenir nous le dira.

Calendrier – Quelques Grands Rendez-Vous

13-14 Janvier : Sommet Afrique-France : Thème: Partenariat, Paix et Emergence –  Bamako, Mali.

23-31  Janvier : 28th Sommet de l’Union Africaine –  Thème : Jeunesse – Addis Abéba, Ethiopie

23-28 Mars : Conférence Continentale des Experts et Ministres Africains des Finances, du Développent de la Planification et de l’intégration  – Dakar, Sénégal

3-5 Mai : Forum Economique Mondial pour l’Afrique, Thème : Croissance Inclusive – Durban Afrique du Sud

Fin Juin : Sommet de l’Union Africaine, Thème : Jeunesse

Date à déterminer : Forum pour le Développent de l’Afrique, Thème : Migration, UNECA, Addis Abéba.

 

 

Prospects for Africa in 2017

French Version here: https://assodesire.com/2016/12/27/lafrique-en-2017-opportunites-et-defis/

We have just entered into the year 2017! It is bringing a number of uncertainties but it also carries with it, seeds of hope…

As I always do at the beginning of each year, I would like to share with you some personal reflections on the major challenges and opportunities that our continent, its institutions and sons and daughters will face in 2017 and of course beyond this year.

In 2017 and in the years to come inequality, conflicts and insecurity, youth and unemployment, migration, electoral democracy, civic space, free movement of people, China, new American policies etc. will occupy the political debate and the daily life of Africans. Africans will expect much from the promises made by the African Union with its new leadership and an improved structure, but the regional economic communities will have increased responsibilities in the management of crises linked to democratic governance and conflicts. The African Development Bank with its  new “High-Fives” and its dynamic leadership team, will have a major role to play in our economic space, especially in the area of youth and employment. In the discourse below, I  touch on some of these issues in details.

Economic Growth, Inequality and Poverty

The continent’s average growth rate will continue to plummet to below 2%, the lowest  in 20 years, mainly due to the fall in commodity and oil prices and the difficulties faced by the largest economies on the continent (Nigeria, South Africa). Interestingly, some countries will maintain a good record, a high rate for several reasons (Rwanda, Ethiopia, Tanzania, Cote d’Ivoire, Senegal) according to recent estimates. Given that economic growth does not have an automatic and immediate impact on poverty reduction, the most challenging task for us is to ensure that the products of growth are distributed fairly and that they are no longer used to widen the gap between rich and poor, knowing that this is an important source of conflict.

Africa now has good reasons for investing in agriculture, encouraging and sustaining productivity, introducing modernization in the sector and, of course, increasing cultivable lands. This will have the threefold advantage of meeting the food needs of our people, creating jobs and diversifying our economy to reduce poverty. This will also have the advantage of promoting regional trade among African countries.

2017: The African Year of Youth:

The African Union declared 2017 as the year of youth. The two Summits of Heads of State in January and July as well as other major continental gatherings will dedicated to this – focusing mainly on  unemployment, migration and education. It is important that the different actors on the continent and elsewhere and their partners agree to give young people the necessary push that they need  for both their integration as well as emancipation. The African Development Forum that will  be organized  by the United Nations Economic Commission for Africa (UNECA) will focus on the issue of migration from an African perspective. German Chancellor Angela Merkel has also promised to make it a priority during the next G20 summit. She has even evoked a “Marshal Plan” for Africa to boost investment and create employment. I do not personally like the idea of a “Mashal Plan” for Africa though. If our Western partners can assist us to stop the 60 Billion illicit financial flows out of Africa every year – an amount systematically stolen by multinationals from Africa in complicity with our own leaders – we would be fine and in absolute no need for Marshal plans. At the end of January, the African Union in Addis Ababa will certainly consider a short- and medium-term action plan to better “harness the demographic dividend of Africa by investing in the youth”. It remains to be seen whether the political will and the financial means will be there to implement a possible plan. In any case, it is necessary to quickly work on this important part of our populations to prevent that they fall further into the temptation of radicalization and extremism as it is already the case in certain parts of the continent. Our youth are the hope of the continent. We must carefully take care of them so that they are fully part of the progress towards our sustainable development agenda.

Free Movement of People in Africa: An Unavoidable Prerequisite

Any plan for African youth must include free movement of people on the continent as a prerequisite. The process under way in the African Union must be accelerated to the maximum in order to allow exchange of ideas and experience among young people. Pending on the drafting and the adoption of the Treaty on Free Movement, why not take an immediate Africa-wide decision to cancel visas for short stay, or at least allow the issuing of visas upon arrival? A few African countries have already recently done so.

Civic Space at Risk: According to the African Union’s new vision expressed in the Agenda 2063, citizens are front and centre of our development and our people are a critical enablers of this vision. Citizens must have the right to organise themselves and  the ability to speak out against poverty, inequality and injustice. Yet across the continent, there is an alarming and growing trend of citizens’ fundamental rights to assembly, association and free speech being restricted. In addition, many governments are (mis)using new and existing laws to limit the creation of legitimate civil society organizations (CSOs), restrict their operations, and control their funding. Since 2012, 29 restrictive laws have been adopted in Africa… What is certain is that in the coming years citizens’ movements will rather consolidate and strengthen in Africa regardless of the restrictions and this brings a serious risk of conflict between power and citizens. Our regional institutions and the African Union must table this problem for discussion as soon as possible. For example, they should consider a study on those restrictive laws in Africa and come up with a moratorium to stop them. (See the blog I recently published jointly with a colleague on the issue as well as Oxfam’s policy brief  here: http://oxfamblogs.org/fp2p/why-is-africas-civil-society-under-siege/#.WFJTocPTjhI.twitter)

Human Rights, Governance and Electoral Democracy: Unfinished Business

Declared as the Year of Human Rights by the African Union, 2016 was rather the year when liberties and freedoms, civic and democratic space, justice, protection of civilians etc. have been shamelessly and systematically reduced in our continent mostly under the silence of regional and continental institutions. In the Gambia for example a young activist has been tortured to death by the police in 2016 with no consequence for the perpetrators; opposition leaders were arrested for no reason and a President lost elections and refused to go.

Africa must find a way out of the vicious circle of conflicts related to the credibility of elections and the political alternation in power. Without this, our continent will continue its progressive falling into hell, thus undermining any prospect of economic development. Countries to be observed in 2017 include the Gambia, DRC, Cameroon, Liberia, Kenya, Rwanda, Angola, Libya, Sierra Leone and Zimbabwe. Countries where an election hold-up has already been consumed are not safe from worries (Gabon, Congo, Uganda, Equatorial Guinea etc.). The alternation to power is part of the democratic game especially when  institutions are still weak and the electoral system is vulnerable. We have to talk about limiting presidential terms sooner or later. This is the only way in many of the current cases to get rid of leaders who are permanently clinging on power. For the moment good students are still few in Africa: Ghana, Senegal, Botswana, Burkina Faso, South Africa.

In addition, 2016 showed us in Ethiopia that the developmental state ideology alone is not enough to guarantee peace, stability and sustainable development. A bigger portion of pluralist democracy and more respect of civil liberties are needed.

The African Union: a New Start?

If all goes as planned, the current leadership of the African Union Commission will be renewed. The current President of the Commission, the South African Mrs. Dlami-Zuma, the Vice-President Erastus Mwencha from Kenya and most of the commissioners should hand over power to new elected officials late January for 4 or 8 years. Out of the 5  current candidates, the battle for the post of President of the Commission will be mainly between the Senegalese Abdoulaye Bathily, former Representative of the United Nations in Central Africa, the Chadian Moussa Faki Mahamat, former Prime Minister and Minister of Foreign Affairs and the Kenyan  Amina Mohamed, Minister of Foreign Affairs.

In addition Guinean President Alpha Condé is likely to be appointed Chairman of the AU for 2017 to replace  Chadian President Idriss Deby.

The most important and most expected project is the in-depth reform of the African Union spearheaded by  Rwanda President Paul Kagame. He will propose the headlines of this reform during the January Summit in Addis Ababa. The reform will have to take into account the thorny issue of the financial dependency of the Union that his compatriot, the former boss of ADB Donald Kaberuka is already working on.

Shared Values: While it is clear that the African Union in its current structure is not suited to fully implement the ambitious Agenda 2063, it is also certain that the structural change of the Union will not suffice on its own to make progress. The African Union needs a profound and courageous change in the way it operates in terms of respect for its own fundamental principles and “shared values”. The Union needs a serious mechanism of accountability in relation to its principles and values. It needs a strong Commission with real powers to “compel” member states to respect and implement their own decisions.

In the case of elections, for example, the African Union must have the prerogative and the capacity to raise, denounce and put an end to serious breaches of electoral standards and frauds. If not, it is not worthwhile that the Union continues to observe elections. It will be nothing but a waste of resources. It is very embarrassing to see that elections in Uganda, Congo, Gabon, Equatorial Guinea and so on have been described as fair, equitable, transparent and democratic without further debate.

Peace and Security:

Peace and security remain the sine qua non conditions for the development and progress of our continent and the well-being of our people. Africa has not made enough progress in this area in recent years. In many cases, such as in Burundi and South Sudan, our institutions did not take into account early warning signs that were nevertheless quite visible. In reality what our regional institutions need are courage and the political will to cut with old methods. For example, the African Union Commission and, more specifically, its leadership must be able to speak out loudly whenever our shared values are being violated by national leaders and challenge them. That is why we need a strong and audible leader for the AU Commission.

In 2017 the African Union will still have to manage the chaos in Burundi and South Sudan. The risk of ethnic cleansing in these two countries must be taken seriously. The AU must consolidate the progress made in Somalia and in the Central Africa Republic and accompany the political and security process. The Continental body should redouble vigilance in Mali (even if the UN is technically in charge), support the political dialogue initiated by the Catholic Church in DRC and its encouraging progress, but remain firm on the respect for democratic principles, the rule of law, human rights and justice. The unfinished business of Darfur should not be neglected and the entire Sudan should be under serious observation.

Silencing the Guns by 2020: Beyond the Slogan: This campaign unfortunately remains a slogan without serious action to realize it. Let us be clear: we cannot silence the guns if dictators are allowed to continue terrorizing and martyrizing their populations willingly and with impunity in flagrant violation of democratic principles, human rights and the shared values adopted by the Union and more, clinging to power for life! We cannot silence the guns if we close our eyes to the massacres of civilian populations for political reasons. We cannot silence the guns if we promote impunity of heads of state without considering the gravity of the crimes in which they are implicated against their own populations. We cannot silence the guns if the votes of citizens are systematically robbed, leaders of the political opposition harassed and jailed before, during and after elections. Above all, the continent’s ambitious development projects can only be realized if there is peace, security and stability.

With or Without Morocco?

At the end of January, we will know if Morocco will make its historic comeback to the African Union and under which conditions…  All procedural formalities have already been completed. The Summit of Heads of State should therefore be able to take a decision on this. If all goes well, Morocco will have to subscribe to all the fundamental principles of the Union including the right of peoples to self-determination and agree to cohabit with the Sahrawi Democratic Republic as a member state of the Union.  Logically the return of Morocco to the continental organization is a tacit recognition of Western Sahara. It is just a simple logic if we remember the reason why Morocco slammed the door in 1984. I hope that the accession of Morocco to the Union will create an opportunity to settle the thorny question of the Western Sahara, considered as the last colony in Africa to be liberated. Member States of the Union, especially the “friends” of Morocco must ensure that the return of Morocco contributes to the consolidation of the Union rather than to divide or shatter it. (See my blog on this topic here: https://assodesire.com/2016/09/29/moroccos-return-to-the-african-union-opportunity-or-challenge/ )

China, America and Others

Africa has everything to gain by continuing to diversify its economic partners. The spectacular entry and positioning of China and other new partners in Africa has openly changed the balance of power with traditional partners and reoriented African economy and development process. But we must keep our eyes wide open … Our partnerships (old and new) must contribute to the realization of our agendas 2030 and 2063 and we must ensure that social, human rights and equity standards are absolutely respected in the pursuit of these partnerships. Non-state actors have a major watchdog role to play here.

With Donald Trump in power in the United States, it is unlikely that Africa will be among the priorities of “Uncle Sam”. This may give free way to China and others to better position themselves in Africa. Is this an opportunity or a challenge? Only the future will tell us.

Calendar of key meetings in 2017

13-14 January: Africa-France Summit: Theme: Partnership, Peace and Emergence – Bamako, Mali.

23-31 January: 28th African Union Summit – Theme: Youth – Addis Ababa, Ethiopia

23-28 March: Continental Conference of African Experts and Ministers of Finance, Development, Planning and Integration – Dakar, Senegal

3-5 May: World Economic Forum for Africa, Theme: Inclusive Growth – Durban South Africa

End of June: 29th African Union Summit – Theme: Youth

Date TBC: 10th Africa Development Forum, Theme: Migration, UNECA, Addis Abéba, Ethiopia.

Le «Retour» du Maroc à l’Union Africaine: Une Opportunité ou un Challenge?

Le Royaume du Maroc a présenté officiellement une demande d’adhésion à l’Acte Constitutif de l’Union Africaine pour «redevenir» membre de l’Union. La demande a également été remise au Président de la Commission de l’UA,  Dr Dlamini-Zuma par le conseiller du Roi Mohammed VI aux Affaires étrangères, Taieb Fassi Fihri, le 22 Septembre 2016, lors d’une réunion tenue en marge de la 71e session de l’Assemblée Générale des Nations Unies à New York.

S’il est géré de bonne foi et en respectant les principes de base de l’Union Africaine, le retour du Maroc à l’Union Africaine pourrait avoir de nombreuses répercussions positives pour l’UA et potentiellement faciliter la résolution du conflit du Sahara Occidental. Dans le cas contraire, cette évolution comporte tous les risques de dangereusement diviser l’Union Africaine.

J’aimerais partager ici mes opinions personnelles sur certaines des implications de ce «retour». Voir la version en Anglais de l’article ici: http://wp.me/p4ywYV-bh

En juin et juillet 2016, le Maroc a entrepris une campagne diplomatique en prélude au Sommet de l’Union Africaine. Des émissaires marocains ont visité le Sénégal, la Côte-d’Ivoire, la Zambie, le Cameroun, l’Ethiopie, l’Egypte, le Soudan, le Kenya et la Tunisie. Quelques jours avant le Sommet, le Président Paul Kagame du Rwanda, pays hôte du Sommet a eu une visite de deux jours au Maroc et a été décoré avec la plus haute distinction d’honneur du Maroc. De même, la Zambie a envoyé son ministre des Affaires étrangères à Casablanca où il a annoncé la décision de son pays d’annuler la reconnaissance de la  République Arabe Sahraouie Démocratique.

Au cours du Sommet de l’UA à Kigali, le Roi du Maroc a envoyé une lettre officielle au Président de l’Assemblée de l’Union Africaine indiquant que le Maroc souhaiterait revenir à l’UA. Le Président en exercice de l’UA, le  Tchadien Idriss Deby aurait refusé d’inscrire  ladite lettre à l’ordre du jour du Sommet. Au cours de la deuxième journée du Sommet, les délégués ont vu circulée une motion demandant la suspension de la République Arabe Sahraouie Démocratique de l’UA. La motion, qui aurait été approuvée par 28 États a été catalysée par le Président du Gabon Ali Bongo avec le soutien d’autres alliés tels que le président Macky Sall du Sénégal. La motion n’a cependant pas pu être présentée.

L’entrée du Maroc à l’Union Africaine Pourrait être Positif

Le Maroc, membre fondateur de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) avait claquée la porte y a 32 ans suite à  l’admission de la RASD comme Etat membre de l’Union. Au cours des années 2000s, l’OUA a été transformée pour devenir l’Union Africaine avec un nouveau traité ; l’Acte Constitutif de l’Union et des objectifs renforcés. Sur le plan juridique, l’UA donc est une nouvelle organisation et tous ses 54 membres actuels ont souscris à ses visions et principes fondamentaux en ratifiant le nouvel Acte Constitutif. Pour le Maroc il s’agira donc d’une adhesion, pas d’un retour…

Je n’ai pas vu le contenu de la requête du Maroc mais une telle demande implique  forcement l’acceptation sans réserve par le Maroc des principes de base de l’organisation. Le Maroc devra alors cohabiter avec tous les membres de l’UA, y compris la RASD. Ceci ouvrerait aussi la porte à une résolution pacifique et acceptable du conflit du Sahara Occidental. L’UA pourra alors regagner de l’influence pour faciliter le processus.

Des Avantages en Matière de Paix et de Sécurité : L’entrée de Maroc dans l’Union Africaine pourra augmenter les chances d’une solution africaine aux crises dans la région du Maghreb, le Maroc étant un acteur majeur en matière de sécurité en Afrique du Nord et un leader dans la lutte contre l’extrémisme et le sécularisme islamique. L’Union du Maghreb Arabe (UMA) a été la Communauté Economique Régionale la moins fonctionnelle. L’engagement du Maroc ou de l’UMA dans les opérations de soutien à  la paix  de la Force africaine en attente pourrait augmenter sa capacité de façon significative. La lutte contre le terrorisme a été l’un des défis les plus importants pour lesquels le Maroc pourra être un allié sérieux  s’il devient membre de l’Union.

Un Gain Economique Majeur: la réussite économique du Maroc serait un sérieux atout pour le programme d’intégration économique de l’Union africaine et des programmes spécifiques tels que l’Agenda 2063.

Une avancée Historique: Le retour à L’Union Africaine d’un Etat clé de l’histoire du panafricanisme projetterait une image positive du continent.

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Un Retour «Forcé» du Maroc Pourrait Dangereusement Diviser l’Union Africaine

Dans une récente interview, le Président Macky Sall du Sénégal soutenant le retour du Maroc a déclaré: «Le Maroc a décidé de revenir et a demandé que la légalité constitutionnelle internationale soit respectée, conformément aux principes de l’ONU où le Sahara Occidental n’est pas représenté comme Etat indépendant ”, se référant ainsi à la récente tentative avortée de 28 pays pour suspendre la République Arabe Sahraouie Démocratique de l’UA par une motion. Le Président Hery Rajaonarimampianina de Madagascar a également  salué la décision du Maroc et a promis de tout faire pour que ce retour légitime se concretise dès le plus vite possible.

Le Maroc multiplie des actions en faveurs des Etats membres de l’Union à travers la création et le renforcement de liens diplomatiques et économiques. Le Maroc élargis son cercle traditionnel d’amis (Afrique de l’Ouest) à d’autres régions du continent notamment avec le renforcement récent des relations diplomatiques avec le Rwanda,  l’Ouganda et la Zambie. L’élargissement de ce cercle constitue à n’en pas douter une menace réelle  pour la RASD. L’Union Africaine prend normalement ses décisions par consensus mais il est peu probable d’avoir ce consensus sur la question de maintenir la  RASD ou non au sein de l’Union Africaine. Même une majorité simple sera difficile à obtenir dans la configuration actuelle.  D’ailleurs, il n’existe aujourd’hui aucun mécanisme permettant d’expulser un Etat  membre de l’Union Africaine en dehors du cas de suspension pour non-paiement de cotisations ou en cas de coup d’Etat.

Les Etats super-influents comme l’Afrique du Sud, l’Algérie et le Nigeria sont loin de laisser passer une motion d’expulsion ou de suspension de la  RASD  de l’Union Africaine. Même au pire des cas, une action dans ce sens remettra en cause le sacro-saint principe du droit à l’autodétermination, un des principes fondateurs de l’OUA. L’Union Africaine en sortirait profondément affaiblie et devisée.

Le Maroc pourrait également utiliser une stratégie différente qui serait de faire entrée soft dans l’Union Africaine en acceptant la position actuelle de l’organisation sur le Sahara Occidental, mais continuer la bataille contre la RASD au sein de l’Union avec le soutien des alliés. Cela me semble être le scénario le plus probable mais aussi le plus facile pour intégrer  l’Union … Mais le Maroc et ses alliés réussiront- ils à bouter la SADR dehors? Telle est la question…

Il est important de souligner ici que l’Afrique a beaucoup plus a gagner d’un règlement pacifique du conflit Sahraoui sur la base des principes fondateurs de l’Union Africaine, des droits fondamentaux de l’homme et du droit international.

Morocco’s “Return” to the African Union: Opportunity or Challenge?

The Kingdom of Morocco officially submitted a request to accede to the African Union Constitutive Act and become a Member of the Union. The letter was also handed over to the Chairperson of the AUC, Dr. Dlamini-Zuma through the adviser to the King Mohammed VI on Foreign Affairs of the Kingdom of Morocco, H.E. Taieb Fassi Fihri, on 22 September 2016, at a meeting held on the margins of the 71st Session of the United Nations General Assembly (UNGA).

If it is managed in good faith and the respect of African Union basic principles, Morocco’s return to the African Union could have numerous positive implications for the AU and potentially bring about the long awaited for “resolve” to Western Sahara conflict. If not, this development has every risk of dangerously dividing the Union.

Here are my personal views on some of the implications of this development:

See the French version of the article here: http://wp.me/p4ywYV-bx

In June and July 2016 Morocco undertook Pre-AU-Summit Campaign through Moroccan envoy Salaheddine Mezouar who visited Senegal, Ivory Coast, Zambia, Cameroon Ethiopia, Egypt, Sudan and Tunisia and from 15 July, Morocco sent Special Envoy Taieb Fassi Fihri to Kenya. Preceding the AU Summit, President Paul Kagame of the host nation Rwanda held a two-day visit to Morocco and was decorated Morocco’s highest national award of honour. Equally,  Zambia sent its Minister of Foreign Affairs to Casablanca where he announced the country’s decision to “de-recognise” Sahrawi Arab Democratic Republic (SADR).

During the AU Summit in Kigali in July 2016 the King of Morocco sent an official letter to the Chairperson of the Assembly  the African Union indicating Morocco wishes to return to the AU. The Chadian Chairperson of the AU Idriss Deby reportedly refused to table the letter at the Summit. During the second day of the Summit, delegates saw a motion calling for the suspension of the Sahrawi Arab Democratic Republic from the AU. The motion, allegedly endorsed by 28 states was catalyzed by the President of Gabon Ali Bongo alongside other strong allies such as President Macky Sall of Senegal. The motion however failed to be presented.

Morocco’s return for the African Union could be a positive development

Morocco, a founding member of the Organization of African Unity (OAU) left OAU 32 years ago over the admission of SADR and the subsequent refusal to expel  SADR from the Union.  In the year 2000, the OAU has been transformed to the African Union with a new Constitutive Act and enhanced objectives. So, legally talking, the AU is a new organization and all its current 54 members have subscribed to its visions and principles.

I have not seen the contents of Morocco’s application for membership to the AU but such a request to “return” to the AU should naturally entail an unconditional acceptance of the basic principles of the organization. Morocco will then have to cohabit with all members of the AU, including the SADR. This also brings the hope of a peaceful and acceptable resolution to the Western Sahara Conflict. The AU will then regain full leverage to facilitate the process.

Gains on Peace and Security:  African solution or approach to crisis in the Maghreb region would be greatly enhanced by cooperation with Morocco a major security actor  in North Africa and a lead in countering violent extremism and management of secularism. The Arab Maghreb Union (AMU) has been the least functional Regional Economic Community (REC) the strength, Military engagement of the AMU in Peace Support Operations and the African Standby Force could increase significantly. Countering Terrorism has been the most prominent challenge with which Morocco can also assist if it becomes a member of the Union.

Economic Gains: Morocco’s economic success would be a serious asset for the African Union’s economic integration agenda and specific programmes such as Agenda 2063.

Historical Win: The return of one of the leading Pan African States in the history of Africa and a founding member of OAU will project an excellent image of the continent.morroco-pic1

A “Forced” return of Morocco could dangerously split the African Union

In a recent interview, President Macky Sall of Senegal, in full support of Morocco’s move declared: “Morocco has decided to come back and has requested that international constitutional legality be respected in accordance with the UN where the Western Sahara is not represented as an independent state’’, referring to the recent failed attempt of 28 countries to kick the Sahrawi Arab Democratic Republic out of the AU by a motion. President Hery Rajaonarimampianina of Madagascar also ‘welcomed’ Morocco’s decision and promises that he will ‘work to ensure that this legitimate return be effective as soon as possible.’

Morocco is building relationships and depositing favors with member states through creating and strengthening diplomatic and economic ties. Morocco’s traditional stronghold in West Africa is expanding with recent allies in Rwanda, Uganda and Zambia. With this warm welcome and increased support, Morocco will be able to garner within the Union, so, the standing of Western Sahara could be increasingly threatened.

In any case, there is currently no mechanism within AU policies and regulations to expel a member state from the Union except the cases of suspension for non-payment of contributions or for unconstitutional change of government. The AU normally makes its decisions based on consensus which is unlikely to be the case for this particular question on whether SADR should be kept in the AU or not.  Even a majority vote would be difficult to attain on this. In this case, the political decision making process of the AU would be strained and split on the question of Western Sahara.

The “expulsion” or “suspension” of SADR is unlikely to succeed within the current geopolitical framework of the African Union. Powerful members such as South Africa, Nigeria,  Algeria, Ethiopia etc would surely stand against such a move. Any forced attempt to expel SADR by whatever mean legal or political could dangerously split the African Union.  If this were to happen, in the worst case scenario the AU, as an organization which inherited the decolonization agenda, would violate one of its sacred principles of the right of people for self-determination. This would terribly weaken the organization’s standing.

Morocco may also use a different strategy which is to softly land in the African Union by accepting its current stand and position on Western Sahara but then continue the battle against the SADR from within the Union with the support of allies. This seems to me as the most likely scenario that Morocco may use and the easiest to get accepted in the African Union… But would Morocco and its allies succeed to push SADR out? That is the question…

It is important to stress here that Africa will rather gain from a peaceful resolution of the Western Sahara conflict based on the founding principles of the African Union, fundamental Human Rights and the international law.

Questions, Comments? email me: assodesir@gmail.com

The Failure of AU Commission Election : Lessons and Perspectives

The “failure” of the election of the African Union Commission Leadership is actually a positive development on my personal view for at least the two following reasons:

  1. Africa has much better to offer other than the 3 candidates on the list of the chairpersonship. I do not necessary mean they are not qualified at all but we do have better in stock.
  2. Two of the candidates were pushed ahead by two of the most brutal dictators in our continent who, by their governing styles are in a total denial of the African Union “shared values”. Electing their candidates to drive the AUC and its progressive programs and values including the Agenda 2063 will be really embarrassing for our Union. I know candidates do not represent their individual country and we must look at qualifications rather than political belonging/backing. However, in real life the influence of the country of origin of the Chair cannot be denied. I have seen it. Also, everybody knows that the presidents always allocated state money and resources to their candidates for campaign. It is not naive!!! On the other hand, it is about the image of our continent trying hard to embrace democracy and respect of human rights in order to move quickly towards sustainable development. We cannot let people sent by those who are in open denial of our values to manage the affairs of the Union. Dictators have been chosen as Chair of the yearly presidency of the African Union (and I hate it strongly!) but we all know that the role is not executive and has few practical impacts. It is however unacceptable to have an “agent” of a dictator to represent and lead the AU Commission, the engine of our Union for 4 years or more.

Solidarity in the Regional Blocs

The outcomes of the election have confirmed the strong solidarity within some of the regional blocs: ECOWAS and SADC.

ECOWAS made it clear and official that they want the elections to the postponed even though they have a candidate for the Deputy Chairperson seat.  I have no doubt that they have unanimously observed that position during the vote by abstaining.

SADC apparently has shown regional solidarity in supporting their candidates: the Botswana Minister of Foreign Affairs who came first in the vote. I am not sure what happened in the central and North Africa. Those 2 regions have been relatively weak in terms of solidarity. So, no big surprise even though some of them may have obviously joined the abstention group.

What is next?

The Assembly has decided to extend the mandate of Madame Dlamini-Zuma until the next elections and to reopen the candidacy for current and new applicants. Those are political decisions as the current rules of procedures are not clear about reopening the list but Rule 42 suggests that the Deputy Chairperson takes over in case of election failure . In 2012, new candidates were not allowed to apply after the deadlock Zuma/Ping.

There is now an opportunity to review the rules/procedures of the elections before January 2017. This is absolutely urgent, otherwise we may have another deadlock if falling regions want to revenge… I would be in favor of a simple majority instead of 2/3 if 2 candidates remain on the list without gathering the required 2/3 votes.

See my recent presentation on the AUC election including the list of candidates here: https://drive.google.com/file/d/0B2bKBoYxtnhlS3BIdGI2Yl9Ya00/view?usp=sharing

I am also in favor of a non-renewable longer term for the AUC Leadership as well as other necessary structural reforms I hope to write about those later.

Now the road is paved for Jakaya Kikwete, Donald Kaberuka, Thao Mkeki or Carlos Lopes to come in…. Who knows?

 

Financing the African Union: Would the Kigali Decision make our AU an African Organization?

The African Union has just taken another decision on how to finance the continental body and its activities in order to make it a truly independent Pan African organization.

In fact, if the laws governing civil society organizations in many African countries are to be applied to the African Union, then our Union will be qualified as a “Foreign Organization” in Africa because more than 70% of its budget is paid by foreign partners while the 54 African countries only pay all together less than 30%. For example the 2017 budget adopted by the Kigali Heads of State Summit is $782 Million of which foreign donors  are expected to pay $576 Million while African countries will only pay $205 Million.

0.2 % levy on eligible imports to fund the AU

Yesterday 16 July 2016, the Heads of State of the African Union informally decided to allow a collection of 0.2% levy from “eligible” imports from all member states to fund the African Union and its programmes.

While I think this is a courageous move, it is important to precise that this is not the first attempt to resolve the shameful financial dependency of our Union.

What happened to previous proposals on alternative funding?

In 2014, President Obasanjo and the UNECA suggested the following proposals to the African Union:

  • $2 hospitality levy per hotel stay
  • $10 airfare levy on international flights originating in or out of Africa
  • $0.005 SMS Levy (UNECA)

If implemented, those proposals would have brought all together at least $ 2.3 Billion annually to the African Union. Pushed by African tourism-dependent countries, Heads of State rejected the proposal last year. The Assembly simply decided an increase of the contributions of members to meet the new funding targets, leaving it up to countries themselves to choose any of the proposed ideas. Everyone including member states themself knew at that time that the decision was just a way of putting the proposal off.

They have however decided to cover AU expenses as follow:

100 % of the operating budget

75 % of the programme budget

25 % of the peace support operations budget

All to be phased within five years starting from 2016 and a new scale of contribution has been adopted…. But how the same countries paying less than 30% of the AU budget can suddenly multiply their contributions?

Donald Kaberuka’s Formula

The adoption of the Agenda 2063 and its 10 years implementation plan, coupled by an apparent donors fatigue forced the AU to deepen the discussion on the alternative funding of the AU. Dr. Donald Kaberuka has then been called to help as the AU’s High Representative for the Peace Fund… Here we are with a new proposal of 0.2 %  levy on eligible imports.

According to estimates, if implemented this new proposal may bring up to $1.2 Billion yearly to the AU. The details of the new proposal are not yet available. The devil may be hiding within those details.  For example which imports will be “eligible”?, By which mechanisms the money will be collected and who will manage it?, Would the current AU structure and ways of working handle such mechanism and this amount of money? For it to be effective, the formula must provide for a direct collection at the source by/for the African Union.

In any case, let’s say this is a good move. ECOWAS successfully uses a similar mechanism through the Community Levy System (o.5% of imports) but not without difficulties. My only problem is that more than 80% of the African Union decisions are not implemented, so, the citizen that I am will not believe it just because it was adopted by the AU. I need to see concrete signs of implementation.

Follow my blog www.assodesire.com for further analysis on this issue in the coming days.