Sommet des Chefs d’État d’Afrique et des Etats-Unis : Quels Enjeux ?

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Le Président Américain Joe Biden organise un sommet avec les chefs d’État et de gouvernement africains à Washington DC du 13 au 15 décembre 2022. Ce sera le deuxième sommet américain avec des dirigeants africains, après celui organisé par le Président Obama en août 2014. 

J’ai eu l’occasion de participer au Sommet de Barack Obama en tant que représentant résident d’Oxfam International auprès de l’Union africaine à l’époque, et j’ai eu à publier mes réflexions ici.

Dans cet article, alors que je me prépare pour prendre part au Sommet de Joe Biden pour le compte de ONE Campaign, j’aimerais partager quelques réflexions personnelles sur les enjeux de cette rencontre imminente. 

Selon la Maison Blanche, le Sommet démontrera l’engagement des États-Unis envers l’Afrique et soulignera l’importance des relations entre les États-Unis et l’Afrique ainsi qu’une coopération poussée sur des priorités mondiales communes. Le sommet des dirigeants américains et africains vise à promouvoir et faire progresser la collaboration entre les États-Unis et l’Afrique sur les priorités mondiales et régionales les plus urgentes.

Sur l’Agenda

Selon la Maison Blanche, le Sommet des leaders d’Afrique et des Etats-Unis  s’appuiera sur les valeurs, communes aux deux continents afin de mieux :

1- Favoriser un nouvel engagement économique

2- Promouvoir la paix, la sécurité et la bonne gouvernance

3- Renforcer l’engagement en faveur de la démocratie, les droits de l’homme et la société civile.

4- Travailler en synergie pour renforcer la sécurité sanitaire régionale et mondiale.

5- Promouvoir la sécurité alimentaire

6- Répondre à la crise climatique

7- Amplifier les liens avec la diaspora

L’importance géopolitique et économique de l’Afrique

De toute évidence, le Sommet sera le reflet de la nouvelle stratégie américaine à l’égard de l’Afrique, qui démontre l’importance cruciale du continent pour relever les défis mondiaux actuels. L’Afrique est un acteur géopolitique clé, qui façonne le présent et l’avenir du monde.

Avec une population à la croissance la plus rapide au monde, la plus grande zone de libre-échange, les écosystèmes les plus diversifiés et étant la plus grande force politique pour les votes aux Nations Unies, l’Afrique est un vaste continent organisé en cinq régions géographiques (Nord, Est, Ouest, Sud, Centre). Les aspirations actuelles du continent sont mis en évidence dans l’Agenda 2063 de l’Union Africaine – L’Afrique que nous voulons, un plan d’action visant à construire un continent intégré, pacifique et prospère qui occupe la place qui lui revient sur la scène mondiale.

L’importance stratégique du continent pour la sécurité et la prospérité régionales et mondiales et le rôle croissant et significatif qu’il joue dans la mise sur pied du système mondial de gouvernance ont fait de l’Afrique un acteur politique incontournable dans les discussions internationales. Cette importance se note clairement dans les divers types d’engagements diplomatiques et l’éventail des partenariats qu’elle établit avec différents blocs politiques et pays au cours des trois dernières décennies.

En outre, l’Afrique est très attrayante, avec ses ressources naturelles et humaines abondantes. Sa population majoritairement jeune, dynamique et résiliente, son énorme potentiel de développement, de commerce et d’investissement, entre autres, sont quelques-uns des grands atouts et avantages concurrentiels du continent.

Diplomatie des Sommets: une Tentative de Rattrapage ?

Depuis que le Président Obama a organisé le premier Sommet avec le continent en 2014, dans le but de contribuer à ouvrir un nouveau chapitre dans les relations américano-africaines, les États-Unis ont perdu du terrain face à leurs “concurrents” en Afrique. Au cours des deux dernières années seulement, l’Union européenne, le Royaume-Uni, la Turquie, l’Inde et le Japon ont tenu leurs sommets avec le continent. La Chine a organisé son quatrième Forum triennal sur la coopération sino-africaine (FOCAC) au Sénégal, et la Russie tiendra son deuxième sommet africain en 2023. La Chine a nettement approfondi ses relations avec l’Afrique. Ses échanges commerciales avec le continent ayant augmentées 35 % en 2021 pour atteindre un pic de 254 milliards de dollars en atteste largement. En outre, la Russie a fait des percées notoires, les mercenaires du groupe Wagner, soutenus par le Kremlin, opérant désormais dans pas moins de 18 pays africains, selon le Centre d’études stratégiques et internationales de Washington.

Les récents votes des pays africains à l’Assemblée générale des Nations unies sont assez édifiants et indique clairement que le continent ne peut plus être considéré comme acquis. Le Président Biden comprend donc certainement que l’Amérique doit rattraper son retard dans ses relations avec l’Afrique et, surtout, adopter une nouvelle approche et de nouveaux langages différents des pratiques de l’administration américaine précédente.

Qui est invité au Sommet, et qui ne l’est pas ?

49 dirigeants des 55 États membres de l’Union africaine ont été invités.  Les dirigeants du Mali, du Burkina Faso, du Soudan et de la Guinée, qui ont été suspendus de l’Union africaine, n’ont pas reçu d’invitation. L’autre critère d’invitation observé est inhérent à l’existence de relations diplomatiques. Le président Biden n’a, en effet, invité que les pays avec lesquels les États-Unis entretiennent des relations diplomatiques complètes. Actuellement, les États-Unis n’échangent pas d’ambassadeurs avec l’Érythrée et n’ont pas reconnu la République Arabe Sahraouie Démocratique en tant que pays ; par conséquent, bien que ces deux nations soient des membres réguliers de l’Union Africaine, elles n’ont pas été invitées. Curieusement, le Tchad a été invité bien que le dirigeant actuel du pays Mahamat Déby, ait récemment pris le pouvoir par un coup d’État, violant la constitution nationale et les règles de l’Union lorsque son père, Idriss Deby Itno, a été assassiné. L’Union Africaine n’a pas réussi à suspendre le Tchad à la suite du coup d’État, dans ce qui est considéré comme un double-standard politique.

Au-delà de la réunion des chefs d’État…

Le sommet de Washington impliquera aussi officiellement le monde des affaires, la société civile, la jeunesse et la diaspora africaine.

Un forum de la société civile sera organisé par l’USAID le 13 décembre 2022, avec la participation des représentants de la société civile et de certains dirigeants d’Afrique et des États-Unis. Le Forum proposera les sujets de discussion suivants : La participation inclusive dans la politique et la vie publique, la lutte contre la corruption, et les droits des travailleurs.

Un forum de la diaspora et de la jeunesse sera aussi organisé le 13 décembre 2022 : le forum des jeunes leaders d’Afrique et de la diaspora a pour objectif de rehausser le niveau d’engagement de la diaspora afin de renforcer le dialogue entre les responsables américains et la diaspora aux États-Unis et de fournir une plateforme aux jeunes leaders d’Afrique et de la diaspora pour élaborer des solutions innovantes aux défis urgents. L’Union africaine a identifié la diaspora africaine comme la sixième région du continent. La diaspora est, en effet, une ressource importante et une opportunité d’engagement dans le développement du continent. Le Forum comprendra des séances en petits groupes sur l’enseignement supérieur, les industries créatives et la justice climatique, sur le thème “Amplifier les voix : Construire des partenariats durables”.

Un forum des affaires sera organisé le 14 décembre 2022, par le ministère américain du commerce, la chambre de commerce américaine et le Corporate Council on Africa, en partenariat avec l’initiative Prosper Africa. Le Forum s’articulera autour de la promotion de partenariats bilatéraux en matière de commerce et d’investissement afin de renforcer le rôle de l’Afrique dans l’économie mondiale, développer l’innovation et l’esprit d’entreprise et favoriser les progrès dans des secteurs clés. Placé sous le thème “Partenariat pour un avenir prospère et résilient”, le Forum réunira des chefs d’État africains et des chefs d’entreprise et de gouvernement américains et africains afin de promouvoir des partenariats mutuellement bénéfiques qui créent des emplois et stimulent une croissance inclusive et durable des deux côtés de l’Atlantique.

Paix et sécurité : Il y aura un forum sur la paix, la sécurité et la gouvernance, avec des représentants des entités de développement, de défense et de diplomatie qui parleront des liens entre les institutions démocratiques, de la gouvernance, de la paix et la prospérité à long terme.

Commerce, santé, etc : Une réunion ministérielle sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique sera également convoquée par le représentant des États-Unis pour le commerce, ainsi qu’une réunion ministérielle sur la santé afin d’examiner comment les deux parties pourraient s’associer pour mettre en place des systèmes de santé plus résilients et équitables afin de relever les défis sanitaires actuels et futurs.

Il sera aussi important pour les dirigeants africains de discuter de la forme que prendra le dispositif AGOA après son expiration en 2025 et de la manière dont son successeur s’intégrera dans la nouvelle zone de libre-échange continentale africaine.

Le climat : Une session avec les ministres des affaires étrangères sera également organisée pour soutenir la conservation, l’adaptation aux changements climatiques et une transition énergétique juste, ainsi qu’un forum américano-africain sur l’espace civil et commercial pour discuter des objectifs partagés sur la crise climatique, la promotion d’un comportements responsables et le renforcement de la coopération sur les activités spatiales scientifiques et commerciales.

Sécurité alimentaire : Une session spéciale du sommet sera consacrée à la sécurité alimentaire et aux systèmes alimentaires, l’une des préoccupations les plus cruciales dans laquelle l’Afrique doit investir de toute urgence, mais aussi dans une perspective à long terme, et pour laquelle les États-Unis peuvent être un excellent partenaire. 

Autres événements parallèles : Plusieurs acteurs non étatiques prévoient différentes réunions thématiques en marge des rassemblements officiels afin d’influer sur les résultats du sommet. Pour en savoir plus sur ces réunions, cliquez ici.

Quelles priorités pour l’Afrique ?

Le prochain sommet des dirigeants américains et africains devrait se concentrer sur une vision globale à long terme d’une relation forte et stratégique entre les États-Unis et l’Afrique, afin d’assurer la prospérité collective des peuples américain et africain. Une telle relation devrait être fondée sur un respect mutuel absolu et des valeurs partagées.

Dans le cadre de la Diplomatie des Sommets en cours avec les différents blocs politiques, l’Afrique devrait toujours s’assurer que les 7 aspirations de son Agenda 2063 sont prises en compte. Nos dirigeants doivent les aborder clairement lors des prochaines discussions à Washington.

Voici 4 des questions les plus cruciales que le Sommet devrait prioriser :

1/ La Sécurité Alimentaire : Le paradoxe embarrassant à ce sujet est que, bien qu’elle possède plus de 60% des terres fertiles du monde, l’Afrique reste un importateur hors norme de nourriture, dépensant 35 milliards de dollars par an en importations alimentaires. La guerre en Ukraine compromet aussi certains approvisionnements du continent. Si rien n’est fait, des millions d’Africains risquent encore de tomber dans l’extrême pauvreté et la malnutrition. La conséquence directe de la hausse des prix des denrées alimentaires sera que moins de ménages africains pourront s’offrir des repas quotidiens décents. Les ménages en situation d’insécurité alimentaire sur le continent seront encore plus laissés à leurs sorts. Les taux de consommation baisseront, l’épargne s’épuisera, la dette augmentera et les actifs seront liquidés, ce qui risque d’accentuer l’instabilité sur le continent. Nous avons beaucoup de terres en Afrique, mais la plupart des agriculteurs utilisent encore des instruments rudimentaires pour l’agriculture. L’industrie agroalimentaire est peu développée en Afrique et se caractérise principalement par une transformation à petite échelle des produits agricoles, assurée par de petites unités aux capacités très limitées.

La Banque africaine de développement (BAD) dispose d’une stratégie pour la transformation de l’agriculture en Afrique dans le cadre de son High5. Lors de sa récente réunion annuelle à Accra, au Ghana, la BAD a lancé un programme de 1,5 milliard de dollar pour financer l’achat de denrées alimentaires pour les gouvernements à court d’argent vu la rapidité avec laquelle les prix augmentent. Il est urgent de donner la priorité aux investissements dans l’agriculture dès maintenant aux niveaux national et régional. Il est temps pour l’Afrique de se nourrir par elle-même. Le continent a besoin de ressources pour y parvenir, et les États-Unis peuvent l’appuyer financièrement et techniquement.

Le gouvernement des États-Unis a un fort pouvoir de pression pour soutenir ce processus. Le prochain sommet devrait donc être une occasion pour aborder la question de la fuite des capitaux d’Afrique comme un problème crucial pour l’avenir du continent et de la communauté mondiale.

2/ Le Financement du DéveloppementMettre fin aux flux financiers illicites pour stimuler l’industrialisation : Chaque année, 89 milliards de dollars quittent le continent africain sous forme de flux financiers illicites, selon le rapport de la CNUCED sur le développement économique en Afrique. Il s’agit de mouvements transfrontaliers d’argent et d’actifs dont la source, le transfert ou l’utilisation sont illégaux. Ils comprennent les capitaux illicites qui sortent du continent, les pratiques fiscales et commerciales telles que la facturation sous-facturation des expéditions commerciales, et les activités criminelles telles que les marchés illégaux, la corruption et les detournements.

APD contre FFIs : Le fait choquant est que les milliards perdus chaque année à cause des FFI sont presque égaux à l’aide publique au développement (APD) et aux investissements directs étrangers (IDE) réunis. Il s’agit d’opportunités de développement manquées. Ainsi, l’Afrique perd beaucoup plus d’argent à cause de la fuite des capitaux qu’elle n’en obtient à travers l’aide au développement, les emprunts extérieurs ou les investissements directs étrangers. L’arrêt des flux financiers illicites nécessite une coopération et des actions internationales, tant sur le continent qu’à l’extérieur. Chaque dollar qui quitte le continent est une occasion manquée d’investir dans des domaines tels que l’agriculture, la sécurité alimentaire, les services de santé et d’éducation, et les infrastructures.

Mandaté par l’Union Africaine et la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, un groupe de haut niveau dirigé par l’ancient président Thabo Mbeki a formulé des recommandations pratiques pour lutter contre les FFI.  Nous devons revenir sur ces recommandations, les concrétiser et débloquer des ressources substantielles pour financer nos plans de développement.

3/ La jeunesse : l’emploi et le développent des compétences : La structure d’âge de notre population a un impact important sur notre développement économique. Le “dividende démographique” désigne les avantages économiques découlant d’une augmentation significative du nombre d’adultes en âge de travailler par rapport à ceux qui sont à charge. Ces adultes en âge de travailler doivent être en bonne santé, éduqués, formés, qualifiés et avoir un emploi décent, et d’autres opportunités économiques doivent être créées pour répondre à leurs demandes. Il ne suffit pas d’avoir une population jeune pour catalyser le développement et la prospérité.  Tous les pays africains doivent mettre en œuvre efficacement la feuille de route de l’Union Africaine pour tirer profit du dividende démographique en Afrique.

4/ Conflits : Au-delà des solutions militaires : L’Union Africaine elle-même a identifié plus de 20 conflits actuels dans les pays qui composent l’Union. 113 millions de personnes en Afrique ont actuellement un besoin urgent d’aide humanitaire. Les causes profondes de la plupart des conflits en Afrique se trouvent essentiellement dans l’extrême pauvreté, les profondes inégalités structurelles, la gestion inefficace des ressources naturelles et le changement climatique, entre autres. Les opérations militaires ne suffiront pas à apporter la paix en Afrique. Nous devons en priorité nous attaquer à la crise de la gouvernance, promouvoir une participation inclusive à la politique, fournir des services sociaux et stimuler le développement. Les interventions militaires ne doivent être qu’au service de cette approche.

Un mécanisme de redevabilité pour garantir la mise en œuvre des engagements du sommet Etats-Unis – Afrique.

Contrairement à d’autres sommets (TICAD, FOCAC, UE-UA, etc.), le sommet États-Unis-Afrique ne dispose pas d’un processus structuré de suivi, de mise en œuvre et de redevabilité. Le prochain sommet devrait examiner cette question de près et mettre en place un mécanisme de redevabilité mutuelle inclusif et impliquant les organisations de la société civile. 

Aujourd’hui, il est difficile de savoir précisément ce qu’il en est des engagements adoptés lors du sommet d’Obama en 2014. Le fait d’avoir près de 50 chefs d’État et de gouvernement, avec de grandes délégations qui se rendent à Washington en jets individuels, a un coût énorme pour le continent et le monde. Ce sommet devrait déboucher sur des actions concrètes et mesurables qui auront des impacts réels sur les populations des États-Unis et de l’Afrique.

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African Union Summit – July 2017: What to Expect?

Friends;

As usual, I would like to share with you the following preliminary notes and analysis on the upcoming 29th Ordinary Summit of the AU policy organs being held in Addis Ababa, Ethiopia as follows:

  • Permanent Representative Committee (Ambassadors): 27 – 28 June 2017
  • Executive Council (Ministers of Foreign Affairs): 30 June – 1st July 2017
  • Assembly of the Union (Heads of State and Government): 3-4 July 2017

In addition, several statutory meetings of various AU organs and parallel events are scheduled. The official agenda of the Summit is not yet publicly available. This Summit will be the first to be organized by the new leadership of the AU Commission.

With or without observers?

It is unclear if the corridors of the Summit will be open for observers during the sessions. The Assembly has already decided in January 2017 under Kagame’s Report that “external parties shall only be invited to AU Summits on an exceptional basis and for a specific purpose determined by the interests of the African Union”. The question here is to know if African citizens’ formations/CSOs are also considered as “external parties” knowing that the AU claims to be a people driven organization.

Permanent/Resident Representatives of Non-African States and International Organizations will likely be invited for the official opening and closing ceremonies of the Assembly and the Executive Council. The Media is normally invited.

Key strategic issues likely to be on the Agenda of the Summit: (Youth, AU reform, Peace and Security, AU Funding, Election of two remaining Commissioners, Agenda 2063 10-year implementation plan and Continental Trade Area …)

1/ Youth (Theme of the year): “Harnessing the demographic dividend through investments in the Youth”

A presentation and a presidential debate of more than 2 hours to be led by President Idriss Deby (Chad) is planned on the 3rd July. The youth are unlikely to be invited to this debate on the “Roadmap on harnessing the demographic dividend through investments in the Youth” developed by the AU Commission … It was agreed that such a roadmap should be domesticated and implemented by each member state. A couple of countries have in fact, already done a national launch.  The Roadmap has the following pillars: 1- Employment and Entrepreneurship, 2- Education and Skill Development, 3- Health and Wellbeing, 4- Governance and Youth Empowerment.

A presidential solemn declaration on the youth may be adopted following the debate.

Burkina Faso has proposed for consideration an African Decade for Technical, Professional, Entrepreneurial and Employment Training in Africa (2017-2027)

2/ Institutional Reform of the African Union

President Paul Kagame (Rwanda) is expected to present a report on the implementation of his proposed reform plan for the AU, adopted by the Assembly in January this year. A decision will be taken on what has been done and what remains to be done.

Building on his success back home, President Kagame is intensifying the pressure to put the continental body on tract for effectiveness and efficiency to meet the on-going challenges that our continent is facing and to implement the ambitious Agenda 2063.

3/ Peace and Security

The Chairperson of the AU Commission is expected to provide a report on the state of peace and security in Africa with recommendations for the Assembly. Highlights will likely include South Sudan, CAR, Somalia, DRC, Mali etc… as well as emerging security threats such as cybercrime and trending threats such as maritime security and piracy, terrorist, fundamentalism and religious extremism etc.

Since he took over the chairmanship of the Commission in March this year, Chadian diplomat Moussa Faki Mahamat has clearly shown through his movements that peace and security is among his top priorities.  In fact, “silencing the guns in Africa” has been his top message while campaigning to win his position.  In just a few months, Moussa has already visited Africa’s major hotspots. A report on the implementation of the master roadmap of practical steps to silencing the guns in Africa by 2020 will then be considered by the Summit.

Silencing the guns by 2020?

Last year the African Union prepared a Master Roadmap of Practical Steps to Silence the Guns in Africa by 2020. It is a well elaborated document with the correct analysis of the situation … but then what is next? Let’s face it: Are we really moving towards silencing the guns in the next 3 years ? if so, what are we doing collectively and individually in our various capacity to get there? Can we silence the guns without ensuring democratic governance, decent and true elections, responsible and fair management of our natural resources? Can we break the vicious circle of conflicts without insuring justice and accountability for the heinous crimes being committed on our people by our people? …Alternation on power is one of the problems that we need to resolve collectively without further delay . There is an imperative in all societies to renew political leadership from time to time through credible elections.  Since we are still struggling to ensure credible elections in Africa, alternation in power must be tabled and courageously discussed and adopted.

Beside the already burning conflict zones, I am worried about the silence and/or inaction of the continent on several potential and on-going risky situations such as  Zambia, DRC, Cameroon, Zimbabwe etc.) where unacceptable pressures are being made on independent media, civil society and political opposition. Without abiding to our shared values contained in the various policies standards and treaties that we have adopted, I am afraid “silencing the guns” will remain a beautiful slogan!

We know the guns are mostly carried by desperate and vulnerable youth who, most of the time, have nothing else to lose. They are in Somalia, South Sudan, Darfur, CAR, DRC, Nigeria, Mali etc… They are in many other countries, they are trained and graduated  but without job… some of them are choosing  to leave the continent at any cost… In 2017 alone, more than 1,500 young Africans have perished in the Mediterranean Sea and many other died of thirst in the Sahara Desert, while trying to reach Europe.

Efforts made by the chairperson of the Commission on this issue must be matched by member states’ political will to guarantee democracy and rule of law and if most of the political regimes in our continent continue failing on democracy and rule of law, the road to peace and security, prerequisite for our development agenda will be long, very long…

A contribution to the ways forward: We need to imagine courageous tools and make bold steps to change the paradigms… the Master Roadmap of Practical Steps to Silence the Guns in Africa by 2020 has very useful ideas… but how do we ”force” the power holders to make these happen? We all know the main root causes of our conflicts… So the 1st step for silencing the guns  is an environment of democracy, respect of the human rights and the rules of law and a decent and inclusive management of national wealth aiming at reducing inequality…  But again how do we monitor this and ensure it is happening?   I am imagining, an  independent High Level Task Force on democracy, rule of law, human rights and good governance to be appointed by the Assembly of the Union  in order to systematically track the implementation by member states, of democracy, rule of law and human rights and equality/inclusivity standards contained in our various instruments, especially their relation with fragility and conflicts in different countries in the continent. The Task Force shall be able to make public without any condition, its Report of the state of democracy rule of law and human rights in Africa… so it will become clear to all of us which regimes are undermining our common aspirations.  The said Task Force shall obviously work with and build on the existing mechanisms (APRM, AGA, APSA, Panel of the Wise…) What I wish to see here is a Task Force that is directly accountable to African people without the obstruction of the leadership… This may bring a heavier pressure them… Please share your views and comments on this…

We must stop praising the evil doing among ourselves,  but rather start exposing and sanctioning them in line with our shared values. A lot must be done at country  then regional levels… (see recent example from ECOWAS in The Gambia), then the AU Commission and other organs shall support… We all have a role to play in this… our people must stand up, like recently in Burkina Faso, and say a big NO to bad and irresponsible leadership, make sure that their votes are counted and their money are properly used, not stollen. The elite class has a big responsibility in sensitizing and mobilizing other  for the good cause…

4/ Budget and Funding of the Union

According to the current projections, in 2018, the African Union will need about 800 Million USD for its operations ($154M), programmes ($296M) and peace support ($350M). The approved 2017 budget amounts 782 Million USD.

 It is unlikely that AU Member states meet this year, their commitment made in 2015/2016 to cover 100% of AU operational budget, 75% of programme budget and 25% of peace support operation budget.

So far AU Member States have been paying less than 30% of the overall budget of the Union. More than 70% is paid by external partners.

Uncertainty on the source of funding of the Union: Donald Kaberuka, the High Representative for the AU Peace Fund is expected to provide an updated report on the implementation of the new funding strategy adopted by the Union in July 2016 in Kigali, by which 0.2 % levy on eligible imports should be collected from each member state to fund the AU. According to on-going technical discussions in closed doors, a number of AU member states are dragging their feet on coming up with domestic legislation to implement the Kigali Decision, evoking different excuses including those relating to the WTO rules… I have 2 questions on this: 1- Where were our member states’ technical experts on international trade at the time this  decision was discussed?… 2 – Is it not the mechanism ECOWAS has been using for years? What is different here? Please share your views/comments below…

It is however encouraging to know that some member states (Rwanda, Kenya, Ghana etc) have been moving in the right direction by taking legislative national measures to implement the 0.2% commitment.

5/ Election of 2 Commissioners

In January, the Assembly elected the Chairperson and the Deputy Chairperson and appointed 6 Commissioners elected by the Executive Council out of 8 portfolios. The remaining following 2 Commissioners will be elected during the upcoming Summit.

  • Commissioner for Human Resources, Science and Technology
  • Commissioner for Economic Affairs.

According to the gender and geographical representation policies of the AU, the 2 commissioners should be 1 male from the Eastern Region 1 female from the Central Region.

At the closure of the deadline, the AUC received the following application from the Deans of the regions:

Candidates for the post of Commissioner for Human Resources Science and Technology:

  1. Sarah Mbi Enow ANYANG AGBOR from Cameroon, Female, Central Africa Region
  2. Dr. John Patrick KABAYO from Uganda, Male, East Africa Region

Candidates for the post of Commissioner for Economic Affairs

  1. Hon. Yacin Elmi BOUH from Djibouti, Male East Africa region
  2. Newaye Christos GEBRE-AB from Ethiopia, Male, East Africa Region
  3. Victor HARISON from Madagascar, Male, East Africa Region
  4. Marthe Chantal Ndjepang MBAJON from Cameroon, Female, Central Africa Region

For the election of Commissioners, the statutes of the AU Commission imposes a pre-selection process at the regional level. Each region shall nominate 2 candidates for each portfolio. The nomination process shall be based on modalities to be determined by the region.

6/ Agenda 2063 : First 10-year implementation plan

A progress report on the implementation of the Agenda 2063 will be presented to the Summit. An African Economic Platform has been held for the first time this year with the aim to discuss cross-cutting issues that affect Africa’s economies and ways of which opportunities and options from these could be harnessed to ensure continental transformation. The other progress made is the domestication of the agenda into national planning frameworks done by several member states, the process on the Continental Free Trade Area and the African Commodities Strategy as well several discussions held with traditional and new partners. We should not however forget the fact that the realization of the Agenda 2063 is conditioned by a peaceful environment within the continent.

On the implementation of decisions: Less than 15% of African Union decisions are actually implemented and the upcoming summit will make more decisions… It is important to insist on the urgent need to change the rules of the game and to do things differently in terms of realizing the promises made through   agreed policy frameworks and standards. If our leaders cannot implement their own decisions, why are they continuing meeting to take more decisions? Up to 5,000 delegates or more attend the AU summit 2 times every year to take an average of 40 decisions per summit. In between summits, hundreds of other policy meetings are held in different capitals. The average cost of a full member states meeting is between 300,000 – 1Milion USD… Some Specialized Technical Committees meetings cost up to 1.5 Million USD. At the end, if only less than 15% the  decisions made are implemented… how can we make it to 2063?

This article will be updated regularly until the Summit startsLast update: 9 June.

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WESTERN SAHARA: “40 FACES, 40 YEARS – A LIFETIME IN EXILE” – African Union Headquarters, 25th April 2016: My Opening Remarks

WS1

Your Excellency Dr. Aisha Laraba Abdullahi, Commissioner for Political Affairs of the African Union

Your Excellency Amb. Yilma Tadesse, Senior Representative of the AU to MINURSO
Ambassadors, Directors and representatives of International Organizations,

Ms. Umetha Hamdi, and Mr. Mahmud Mohamed, from the Western Sahara Refugee Camp

Colleagues & Friends, Ladies and Gentlemen, All protocol observed…. Good Morning and Thank you for joining us !

Oxfam Liaison Office to the African Union is delighted to co-host this event on the Sahrawi refugee crisis with the African Union Commission.
I would like to explicitly thank the Bureau of the Chairperson, the Department of Political Affairs and the Peace and Security Department for this fruitful cooperation and support.
This photo exhibition, and the seminar with the participation of Sahrawi from the refugee’s camps – comes at a crucial time.
60 million people in the world are displaced today from their home. Many of them are forced to flee because of conflict or despair. Among them are the Sahrawi refugees, who have been displaced for forty years.
Ladies and Gentlemen;
As a humanitarian and development organisation present in 90 countries around the world including 38 in Africa, Oxfam works together with local partners, to fight poverty and related injustice.
When doing so, we base ourselves on the international legal framework and we are mindful to bring out the voices and wishes of the concerned communities — The Sahrawi refugees are no exception.
The Sahrawi refugee crisis is old, complex and it reminds the international community, and particularly Africa, of a painful colonial history. But, the Sahrawi situation is virtually unknown in the world, or, worse — ignored. This must change.
Oxfam has been working with partners to deliver humanitarian assistance to Sahrawi refugees since 1975. We are committed to sharing more information and we are working to make this humanitarian crisis more visible, showing the dire conditions in which refugees have been living for 40 years. We work to ensure that more diplomats, analysts and journalists can visit the refugee camps to see first-hand, the situation and, most importantly, hear from refugees themselves—as we all will do today.
This photo exhibition is part of our attempt to shed light on people that have never experienced anything other than life as a refugee. These 40 men and women live in the heart of the Sahara desert, in a remote and harsh environment. The Sahrawi refugees remain heavily dependent on humanitarian aid and still, there is no prospect that this will change any time soon.
We are planning to bring this exhibition to many cities on different continents in order to address the absence of knowledge on this crisis.

Chers Amis,
Deux choses sont importantes pour Oxfam:
D’abord, nous devons subvenir pleinement aux besoins des réfugiés sahraouis. Les besoins de base sont encore loin d’être couverts, en partie, à cause de l’environnement particulièrement sévère, et à cause d’un manque de sources de financement pour la crise.
Après 40 ans, les donateurs devraient également tenir compte des aspirations des réfugiés, en particulier les jeunes. Se limiter à expédier de l’aide est inacceptable. Nous devrions aider la population à se prendre en charge, a être capables de renforcer leur communauté et, construire leur vie d’une manière définitive et en dehors des camps de réfugiés.
Ceci me conduit à mon deuxième point: les causes profondes de la crise doivent être embrassées et traitées par la communauté internationale. Les réfugiés sahraouis doivent avoir la possibilité de vivre avec dignité et de construire leur vie en dehors des camps.
Ce conflit doit être réglé par voie de négociations pacifiques en vue de trouver une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara Occidental.
Ce mois d’avril est un moment important dans le contexte du Sahara occidental, en particulier au niveau de l’ONU. Les principaux acteurs doivent être conscients du cadre juridique international et se rappeler des promesses faites au peuple du Sahara Occidental.
Mesdames et Messieurs,
L’Organisation de l’Unité Africaine, le prédécesseur de l’Union Africaine, a joué un rôle important dans le cadre des accords qui ont été conclus au début des années 90, y compris l’accord de cessez-le feu et un référendum.
Les événements récents qui menacent l’espoir d’une résolution négociée, risquent non seulement de régénérer la violence et des souffrances humaines inutiles, mais aussi de compliquer davantage la recherche d’une solution durable, mutuellement acceptable, conformément au droit international.
Nous sommes à la croisée des chemins en ce qui concerne la crise des réfugiés sahraouis. La communauté internationale doit se mettre ensemble et travailler à trouver des compromis.
Laisser un problème de côté ne va jamais le résoudre —, bien au contraire, il s’aggravera avec toutes les conséquences imaginables.
Oxfam espère continuer à travailler avec l’Union Africaine et d’autres acteurs dans la recherche d’une solution à cette crise.
Que ces 40 visages de 40 personnes vivant dans une situation humanitaire catastrophique, et qui luttent pour prendre le contrôle de leur vie —- soient une source de motivation pour nous tous, pour les décideurs et les détenteurs du pouvoir partout…
La pauvreté à laquelle ce peuple est confrontée, et l’impact humain plus large de cette crise est une injustice qui n’a que trop duré.`
Je vous remercie pour votre attention.

Burundi is burning – Act NOW!

We cannot afford another conflict in Africa at this time. Burundi came from very far and it took a lot of resources, energy and human life to get to the Arusha Peace Agreement. The whole Africa, the African Union and other International actors must standup and be clear on this: No possibility for 3rd term! Please, no more diplomatic or ambiguous language! Citizens are being killed in Bujumbura now; the risk for another human made disaster is very high. Our continent already has enough challenges to face.

The Peace and Security Council must clearly say NO to a 3rd mandate. We have no resources for an additional peace enforcement mission. African cannot continue wasting its resources to make peace while it is easier to abide to democratic principles and our shared values. We need our resources to boost development and take care of our populations, provide free universal health care, promote education, science and technology etc. in order to reach our 2063 targets.

Me must not keep silence and let innocent populations being killed over and over again because of the selfishness of a few leaders. A strong position of the African Union against Nkurunziza’s move for a 3rd term can have an influence. Burkina Faso was a missed opportunity; our Continental Body must seize this one…

Burundi may not be like Burkina Faso because a lot fire arms are circulating there. We may not be able to stop it once it gets worst and the whole region will be affected… So, no time to waste – Act now !

The role of China in peace and security in Africa

The role of China in peace and security in Africa

By Desire Assogbavi (2010)

In recent years, China’s activities in Africa have expanded dramatically: Africa–China trade increased tenfold between 1999 and 2006. Chinese political and business leaders visit the continent regularly, and the country is pouring investment and aid into Africa. In exchange, China is securing access to the continent’s natural resources, which Beijing considers essential for China’s further development.  Some analysts argue that China–Africa relations have opened up a new era for Africa’s development and a new style of cooperation. But the Chinese engagement is questionable in terms of peace and security, which is now the main problem facing Africa and the fundamental obstacle to the continent’s integration.

In this chapter, I will be looking particularly at the impact of the new China–Africa ‘alliance’ on peace and security in our continent by considering the case of Darfur.

A strong economic interest

China is now the world’s second largest consumer of oil. More than 25 per cent of its oil imports come from the Gulf of Guinea and Sudan. China’s investment in Africa now stands at $1.5 billion a year. There are at least 700 Chinese enterprises operating in the continent. In terms of debt relief, China recently wrote off $1.3 billion owed by African countries, which has led to a fresh injection of good feeling in Africa towards China.

China’s new strategic partnership with Africa effectively took off at the November 2006 Beijing summit. This marked an historic moment in China–Africa relations. At this meeting, 48 African delegations including 44 heads of state lined up in front of the Chinese presidential palace to great the Chinese president. It is rare – even during the African Union summits – to see so many important African heads of state at a single meeting. Something very attractive must have been promised!

In fact, it is raising global energy demands that have caused China to turn to Africa as a major supplier of oil. In addition, Africa seems to have become an open market for comparatively ‘cheap’ Chinese manufactured products.

A challenge for peace and security in Africa

Armed violence is one of the greatest threats to Africa’s development. Africa currently gives the impression of a continent riddled with territorial disputes, armed ethnic conflicts, civil wars, violence and the collapse of governments and states.

In the last 40 years there have been at least 30 major conflicts in Africa, which have claimed the lives of seven million people and displaced more than 20 million. In a report published in October 2007 IANSA, Oxfam and Safeworld estimated the economic cost of armed conflict to Africa’s development.  Findings showed that around $300bn since 1990 has been lost by Algeria, Angola, Burundi, Central African Republic, Chad, Democratic Republic of Congo (DRC), Republic of Congo, Côte d’Ivoire, Djibouti, Eritrea, Ethiopia, Ghana, Guinea, Guinea-Bissau, Liberia, Niger, Nigeria, Rwanda, Senegal, Sierra Leone, South Africa, Sudan and Uganda[1]. Yet 95 per cent of the weapons used during those conflicts come from outside of the continent – many of them from China or marked ‘made in China’.  Reports further revealed that most of those weapons are sold to governments in Africa and end up in the hands of whoever wants to use them.

Behind the so-called principle of ‘non-interference in other’s domestic issues’, China’s relations with Africa create challenges for governance, peace and security in the continent. Supporting and reinforcing despots and genocidal and undemocratic regimes that systematically terrorize their citizens in order to remain in power is just not useful for a continent that has suffered for many decades and that has been trying to escape from this situation.   

A negative influence on the situation in Darfur

China is not the cause of the ongoing conflict in Darfur but Chinese oil investment in Sudan undermines international efforts to end the Darfur crisis. China has acted as Sudan’s key international patron and has been crucial to the ruling National Congress Party’s (NCP) foreign relations on the question of international intervention in Darfur. The NCP would not have been able to pursue its strategy in the absence of Chinese support.  China has so far played a largely negative role in the crisis – it has repeatedly obstructed meaningful UN Security Council resolutions and shielded the government of Sudan from international pressure. There are also numerous reports implicating China as a key provider of military equipment and establishing arms factories in Sudan and Darfur rebels have recently targeted Chinese oil interests in response. However, if China is encouraged to play a more constructive role on Darfur, then potentially it could be a crucial catalyst for change due to its enormous economic leverage over the government of Sudan. China is Sudan’s largest bilateral trading partner, responsible for buying up to 71 per cent of Sudan’s exports. China continues to support the government of Sudan, but its increased diplomatic engagement and more critical posture toward the regime can contribute to peace.

Chinese relationships with some African governments reinforce dictatorship and provide new opportunities for authoritarian regimes that take citizens in a permanent hostage This is undermining all the efforts of the continent to build democratic institutions and states.

The same applies to Zimbabwe. President Robert Mugabe has repeatedly said that he prefers to forge strong relation with China because, unlike the West, China does not place any political conditions on its investment aid. Yet Mugabe, in power for the last 28 years, is seen today as the worst dictator of the region. 

Pang Zhongying, a professor of international studies and director of the Institute of Global Studies at Nankai University said: ‘The Chinese are now finding their people being taken in hostage in Southern Nigeria. They are finding that people are now yelling and protesting as their leaders come to town – just as they did when they said “Yankee go home” when American presidents visit their country.’

From non-interference to non-indifference

The establishment of the African Union (AU) in 2002 reflected a new moral awareness of the need to provide the continent with a political framework and legal tools to deal with issues of ‘non-indifference’. The provisions in both the Constitutive Act of the AU and the Protocol Relating to the Establishment of the Peace and Security Council (PSC) are in proximity with the notion of ‘non-indifference’ when faced with massive and heinous crimes committed against civilians in Africa.

This constituted a major difference between the AU and its predecessor, the Organization of African Unity. The AU founders recognized the right to intervene in the internal affairs of member states in order to protect human rights and constitutional order. This is enshrined in Article 4(h) of the Constitutive Act 2000, which clearly states that the AU has a right to intervene in the affairs of a member state pursuant to a decision of the assembly of heads of state in respect of ‘grave circumstances’, namely war crimes, genocide and crimes against humanity, as well as a serious threat to legitimate order, in order to restore peace and stability in a member state. 

In order to implement this significant shift, the AU has put in place a strong and effective institutional framework to support and sustain that political will. This realization provided the impetus for the elaboration of an African Peace and Security Architecture (APSA), which recognized the importance of investing in the anticipation and prevention of conflict and of putting in place structures to resolve conflicts effectively once they have broken out. APSA consists of the Peace and Security Council, the Framework for the operationalization of the Continental Early Warning System, the Panel of the Wise, the African Standby Force and the AU Policy on Post-Conflict Reconstruction and Development.

In addition, in September 2005, world leaders at the UN General Assembly, made a historic commitment to their collective responsibility to protect civilians from genocide, war crimes, crimes against humanity and ethnic cleansing, including a willingness to take action where the national government – which has primary responsibility – is manifestly failing in this regard.

These new developments, coupled with international and civil society pressures have probably impacted upon China’s thinking and behavior in Africa.

Positive signs from China

Due to both civil society and international pressure, Beijing is learning that separating business from politics is easier said than done. Therefore, over the last two years there have been signs that Chinese language and engagement on the situation in Darfur is improving and that China wants to be seen and credited as a positive actor in the crisis.

After years of repeatedly obstructing United Nation Security Council Resolutions, China agreed to Resolution 1769 authorizing the deployment of UNAMID (the United Nations–African Union Mission in Darfur) – and spent considerable diplomatic time and effort lobbying Sudan to accept it.

The appointment in the summer of 2007 of the first Chinese special envoy, Liu Guijin, is another indication that China at least wants to be seen to be doing something, even though the profile of the special envoy has been very low key since his arrival in Khartoum, where he prefers to do things quietly and behind closed doors. While this may be an alteration of policy more in form than substance, it still presents an opportunity for pressure to be placed on Khartoum via a Chinese interlocutor. At the same time, it allows China to promote its own interests through more vocal diplomacy and participation in multilateral forums on Darfur.

At the January 2008 AU summit, the Chinese delegation issued an unprecedented public warning to the government of Sudan that the world is ‘running out of patience on Darfur’. Prior to that the Chinese ambassador to Sudan, Wang Gangly, was reported as saying, in February 2007, ‘Usually China doesn’t send messages, but this time [on the occasion of Chinese President Hu Jintao’s recent visit to Sudan] they did … It was a clear strong message that the proposal from Kofi Annan is a good one and Sudan has to accept it.’ To try and improve public perceptions of its role, China has also increased humanitarian aid to Sudan, including assisting in the construction of 120 schools and hospitals. However, at around $10m this is still relatively small compared to China’s economic interests. Some Chinese companies are building an 85km-long water project in South Darfur and  315 Chinese engineers were deployed to Darfur in October 2007 to take part in UNAMID.

The way forward

Despite this progress, there is still much more that China could be doing. As such an important ally, China needs to be encouraged to:

Promote a peaceful environment in Africa as a catalyst for a good business

Improve their role at the UN Security Council 

Sustain diplomatic pressure on the government of Sudan and rebel groups to cease hostilities in Darfur and reach a political solution to the conflict

Stop the sale of weapons to the government of Sudan. China has previously exported military helicopters to a number of countries including Sudan and there have been a number of documented cases of helicopters killing civilians in Sudan’s conflicts

Press for full and unimpeded UNAMID deployment and performance

Contribute more funding, military and police assets, and personnel to UNAMID. A greater Chinese involvement in peacekeeping operations in Darfur could substantially enhance peacekeepers’ ability to protect civilians

Encourage the government of Sudan to cease any support of actors destabilising and exacerbating the crisis in Darfur and Chad.

Contribute more financially to the African Union’s Peace and Security Architecture.

 

Bibliography

Erica S. Downs; The fact and Fiction of Sino African energy relations’, China Security Vol. 3 No.3 Summer 2007

Darren Taylor; VOA article: ‘Analysts explain the significance of the evolving relationship between China and Africa’, published on 3 May 2007

Ambassador Djinit Said, Commissioner for peace and security, AU; speech on the responsibility to protect, Addis Ababa 8 June 2007

Geoffrey Mugumya, Director Peace and Security, AU; speech on the responsibility to protect, Addis Ababa 8 June 2007

About the Author

A native of Togo, Desire Assogbavi is currently the Head of Oxfam International’s Liaison office with the African Union. . 

The opinions expressed in this article are entirely those of the author and do not reflect the view of his organization. 

Note

1. China is the largest arms supplier to Sudan, officially selling the country $83 million in weapons, aircraft and spare parts in 2005, according to Amnesty International USA. That is the latest year for which figures are available.  China provided Sudan with A-5 Fantan bomber aircraft, helicopter gunships, K-8 military training/attack aircraft and light weapons used in Sudan’s proxy invasion of Chad in 2007.

 

 

[1] Africa’s missing Billions: International Arms flows and the cost of conflict. Oxfam publication 107, October 2007.